une globule méchante jetée nonchalamment sur le monde
16 Mars 2011
Quand je fais de la purée Mousline, je suis sûre que je mange sans les dents
Les choses changent, les mentalités aussi. La pub pour la purée Mousline le prouve. Souvenez-vous il y a 20 ans, la purée en flocons vantait ses mérites avec une petite chansonnette géniale probablement écrite pas Barbelivien, et qui disait à peu près ceci :
"Quand je fais de la purée Mousline, je suis sûre que tout le monde est content, on fait un petit puits pour mettre le jus dedans oulala, c'est renversant. Quand je fais de la purée Mousline je suis sûre que tout le monde en reprend !"
Oui, lorsque j'étais enfant, il fallait bouffer comme une truie pour prouver sa bonne santé. On disait de quelqu'un qui avait un coup de fourchette équivalent à un coup de pelle à un "bon vivant". Avec le temps, on s'est rendus compte que les "bons vivants" ne faisaient pas de "bons morts".
Entre temps, Weber et son Danacol sont passés par là. Aujourd'hui on privilégie la bouffe saine même si elle est en flocons. Ajoutez à cela la vache folle, la brebis galeuse, le mouton tremblotant, les prions (n'y voyez rien de religieux là-dedans), et l'huile de palme, et vous obtenez une chanson de purée Mousline qui donne ceci :
"Quand je fais de la purée Mousline, je suis sûre que tout le monde est content, on fait un petit puits pour mettre le jus dedans oulala, c'est renversant. Quand je fais de la purée Mousline, je sais ce qu'il y a dedans !"
Et voilà, maintenant la ménagère nourrit ses ouailles au compte-goutte et passe ses journées à décrypter les étiquettes des emballages.
Ma banque, c'est moi, mon coffre-fort, mon matelas, mon découvert, mon cancer de la carte bleue
Comme les banques et les français sont en plein désamour, des alternatives existent : la banque virtuelle. Tout se passe sur internet ou au téléphone, évidemment c'est moins cher, pas trop de personnel à payer, pas d'agences à entretenir et pas de factures de café Selecta. Une enseigne de ce type de banque va encore plus loin puisqu'elle nous dit : "quand je veux investir y'a pas de problème, parce que ma banquière, c'est moi".
Donc l'autre elle est complétement schizophrène. Elle a besoin d'un crédit, elle se refile un rendez-vous à elle même, elle se consulte le compte et elle s'autorise ou pas son crédit. Imaginez le truc :
Simone : "bonjour madame la banquière, je voudrais un crédit pour acheter un cheval"
Simone : "ah bonjour Simone, oui alors attendez je regarde votre compte" (tapoti, tapota sur le clavier de l'ordinateur)
Simone : "oulalala quel suspens"
Simone : "bon Simone je vous annonce que c'est ok pour le crédit, je vous prête 20 000 euros...ah mais y'a un problème"
Simone : "oh non, lequel ?"
Simone : "vous n'avez pas assez sur votre compte pour que j'y prélève 20 000 euros pour les remettre sur votre compte"
Simone : "alala, c'est nul le progrès"
Le Japon
Je me suis permise une petite vanne l'autre fois que je regrette un peu (l'histoire du poisson cru qui allonge la vie des japonais tout ça). Ce soir un journaliste posait la question suivante : "pourquoi ce drame nous touche plus que jamais ?". D'abord parce que la violence de la catastrophe est plutôt rare. Ensuite, parce que les catastrophes s'enchainent, et grande nouveauté, partout (même jusqu'à la Rochelle, c'est dire). Et puis il y a une prise de conscience : certains journaux spécialisés prédisaient ces catastrophes en chaîne, et surtout l'augmentation de leur fréquence et de leur intensité. Que nous le voulions ou non, nous sommes au début d'une nouvelle ère, agitée. Il est plus que probable que nous, de notre vivant, nous devions changer radicalement nos modes de vie. La Terre tousse, et son axe dérive (encore 10 cm ces derniers jours). Ce que nous vivons aujourd'hui, et surtout, ce que vivent les japonais, nous l'avons vu maintes fois au cinéma, et notre fibre compassionnelle vibrait au maximum. Sauf que là, exit Chimène Badi et son Jour d'Après, nous sommes dans le réel et nous devons absolument, nous humains, nous serrer coudes et chevilles.
Petit détail et de taille : ceux qui nous dirigent ne comprennent rien. Le pouvoir et l'argent sont si puissants, qu'eux seuls pourraient nous faire vraiment disparaitre. Alors soyons humains. On est tout petits et tout fragiles par rapport à la grandeur et à la force de notre bonne vieille Terre. Soyons humbles, nous ne sommes que les locataires de ce monde.
oui, je veux aider le Japon, je clique ici :
https://www.croix-rouge.fr/Je-donne/Don-ponctuel?elk_dc_id=158