une globule méchante jetée nonchalamment sur le monde
24 Mai 2013
Il y a des gestes anodins et dangereux pour la santé qui peuvent même entraîner la stérilité du cycle ovarien, que l'on trouve sexy et que l'on aimerait pratiquer.
Personnellement, j'aime bien les faits et gestes pratiqués au cinéma. Alors évidemment, pas tous les faits et gestes, car, par exemple, je ne trouve absolument pas érectile la scène de touché-rectal pratiqué sur ce pauvre Robert Pattinson, qui les cumule, dans l'abominable et chiant Cosmopolis.
Par contre, je trouve que quand un acteur s'allume une clope après avoir fait l'amour comme une bête en rut à sa promise / maîtresse / amante / chenille (rayez la ou les mentions inutiles), c'est érotisant à mort.
La clope ça a beau refiler le cancer des omoplates, c'est hyper cinégénique.
Et donc, j'ai toujours fantasmé sur : m'allumer une cigarette après l'amour.
Seulement voilà, je ne peux pas.
Je ne peux pas parce que je ne supporte pas l'odeur du tabac dans un intérieur, qui plus est quand la nicotine imprime durablement ses gluons de la mauvaise odeur qui pue dans mes taies d'oreillers.
Et c'est pas le petit galet senteur muguet de chez Brise qui y changera quoique ce soit, c'est juste que ça sentira le muguet au goudron.
Au cinéma, ils n'en ont rien à foutre, c'est pas leur lit, c'est pas leur chambre, c'est un décor.
Au cinéma mon gars, tu peux te permettre de chier dans tes draps tellement c'est pas les tiens.
Au cinéma, tu peux tout faire, ça n'a pas de conséquences particulières, c'est une parenthèse irréelle immergée dans notre réel et là tu te dis mec que c'est quand même super beau mais pas très compréhensible ce que j'écris et que je dois être une sale petite conne qui croit bien écrire alors qu'elle fait des phrases à rallonge qui empêche de reprendre sa respiration et que si je décède en lisant ce blog, putain je porte plainte pour assassinat collectif en petit nombre dans une cave en bois.
Donc, j'imagine que fumer après l'orgasme est NON SEULEMENT HYPER SEXY mais sûrement emprunt d'un plaisir inégalable.
Je me vois, le corps en sueur (avec la superbe petite gouttelette qui descend pile poil entre les deux seins), l'emprunte du plaisir inscrite sur mon visage dans un sourire béat et forcément idiot, les yeux embués de brillantine, le souffle court, la main derrière la tête, fumant comme une star de cinéma à laquelle tout et rien ne peut arriver, me foutant des conventions, de la loi anti-tabac, des foetus malformés imprimés sur les paquets de clope, me foutant même de mon avenir, de mes poumons, mais juste à cet instant, pour le geste, pour le plaisir d'embrumer ma cage thoracique après une overdose de jouissance du bas des reins, je fume en étant cool.
Hélas, dans la vie réelle, je ne sais même pas fumer.
Je ne sais pas tenir une cigarette sans être crispée du majeur, j'avale un peu (pas trop) de fumée sinon j'ai la tête qui tourne (et dire que je veux aller sur Mars), je recrache des volutes toutes moches, je ne sais pas fumer et encore moins en position horizontale, car dans ce cas, je m'étouffe royalement en toussant comme une hyène atteinte de tuberculose dernier degré.
Fumer une clope après l'amour, faudra vraiment que je teste un jour, mais il suffit que la fille qui partage mon lit soit allergique à la fumée et parte dans une toux grasse impossible à arrêter, et là, adieu le glamour et bonjour le célibat.
Surtout qu'au cinéma, après la clope, ils refont l'amour. Or, dans la vraie vie, après une clope, tu sens de la bouche et personne ne veux refaire l'amour avec un chacal.
C'est terrible le cinéma quand même, ça nous inscrit des images magnifiques plein la tête, mais quand tu veux faire pareil, t'es rien qu'une merde.

