une globule méchante jetée nonchalamment sur le monde
20 Novembre 2009
Voir 2012 au cinéma, c'est avoir la sensation d'avoir vu un spectacle exceptionnel. Cela m'a rappelé les fortes et immuables émotions ressenties lors de la vision de très grands films comme : Star Wars, Le choc des Titans, Rencontres du 3ième type, Le Seigneur des Anneaux ...2012 est une expérience cinématographique très intense. Injustement classé dans la catégorie "science-fiction" ce film marque au fer rouge parce qu'il est complétement d'actualité, et il aurait été judicieux de le classer dans la catégorie "anticipation" tellement on sait maintenant que l'on frôle à chaque instant ce type de catastrophe. A l'heure où l'on nous rabâche que la planète est malade et où le pessimisme ambiant plane sur le monde, la trame de 2012 n'a que plus de force. Dans le Jour d'après, Roland Emmerich était tombé dans le piège du film catastrophe vide de sens : des effets spéciaux à l'époque jamais vus certes, mais des personnages caricaturaux, creux et une histoire dans laquelle il était impossible de se projeter. Avec 2012, il revoie sa copie et livre une oeuvre de 2h40 qui accomplit le miracle de réunir toutes les émotions d'une aventure humaine. Il a enfin pris le temps de poser ses personnages, et il a prit grand soin de nous montrer la psyché des humains face à l'incroyable, et tout simplement face à l'Apocalypse, item indispensable dans tout bon film catastrophe qui se respecte. Bref, il a trouvé l'équilibre parfait.
quand le Soleil tousse, la Terre prend feu et nous fait un majeur...
2012 est une oeuvre riche qui grouille de symboles (les Arches -formidable idée- faisant écho à l'Arche de Noé, ou encore le lieu où se passe le final, mais je vous laisse le découvrir par vous-même). Rien n'a été laissé au hasard dans l'écriture du script et on imagine le boulot phénoménal pour arriver à mêler la mythologie, les symboles religieux, les symboles humains, les bribes de contes, tout en faisant monter crescendo le suspens vers l'inévitable, en y mêlant habilement des émotions humaines qui suscitent chez le spectateur un attachement et une immersion totale. L'intro du film (avant l'apparition chair de poule du titre -2012-) est excellement bien construite, on est totalement mis en condition pour l'aventure qui va suivre. Le scénario intelligent illustre parfaitement ce qui arriverait si une telle catastrophe se produisait : rôle du gouvernement, mise à l'abri des grandes oeuvres humains sous le sceau du secret, mise sous silence des gens qui connaissent le complot et qui veulent parler, préparation d'un moyen de fuite réservé à ceux qui pourront payer, altruisme chez certains, individualisme chez la majorité des autres, tout est parfaitement brossé jusqu'à nous mettre véritablement mal à l'aise face à tant d'indifférence collective. Quant aux scènes de destructions avec effets spéciaux elles sont juste hallucinantes ! On est arrivés à un niveau de réalisme jamais vu, la scène de la fuite en voiture est formidable, on est totalement happé par la scène et il serait pêché de ne pas voir cela sur grand écran ! La sensation ressentie ? Un tour de Space Moutain. Incroyable donc, du jamais vu, et on applaudit bien fort les équipes techniques du film qui ont dû écrire des story board de folie pour atteindre un tel niveau de perfection dans l'enchaînement de l'action.
L'Arche de Noé avec plein de gens rigolos à l'intérieur, un exemplaire de chaque, faudra même penser à sauver un con, au cas où...
Le thème des Arches est LA trouvaille la plus géniale du scénario. Car 2012 se divise en 3 parties : la mise en place humaine, la catastrophe, et les Arches (qui ne seront pas remplies que par des humains, mais par d'autres êtres vivants dont le déplacement est l'une des images chocs de 2012). Le film véhicule aussi énormément d'imagerie science-fictionnesque vues et lues dans de grandes oeuvres du genre, je pense notamment à l'une des images finales où l'on voit une famille, le père, la mère, les enfants sur le vaisseau face à un nouveau monde, ou encore la très belle représentation d'Adam et Eve qui ne sont plus blancs mais noirs, ce qui donne un immense espoir après la grande débâcle. On retrouve aussi tous les moments terrifiants qui font le sel d'une fin du monde via de courtes saynètes : coupure des communications terrestres, réactions humains déroutantes, destruction des grandes architectures humaines, réactions animales etc ...Il est impossible de traduire dans un article toute la richesse symbolique et émotionnelle de cette oeuvre qui accomplit un tour de force exceptionnel en réinventant totalement le cinéma de genre. On peut reprocher quelques pétouilles à ce film : quelques incohérences scientifiques, une enième mise en avant du président des états-unis qui se sacrifie et s'occupe des blessés (heureusement ça dure très peu de temps), des actions héroïques parfois exagérées (la scène où John Cusack court après l'avion et passe entre les boules de feu, est un poil tiré par les cheveux)...mais il ne faut pas oublier que le cinéma est avant tout un grand spectacle appelant à l'imaginaire et qu'il doit en rester ainsi et se laisser porter. Le final de l'oeuvre laisse à supposer une issue semi-optimiste qui soulève une question essentielle : et si on recommençait tout, referait-on les mêmes erreurs ? (je vous conseille vivement la lecture de la trilogie de Stephen King intitulée Le Fléau qui pose la même judicieuse question). Je termine cette tirade par une très belle affirmation du héros à la fin du film dont les enfants demandent s'ils retourneront à la maison, et qui répond :
"tant qu'on est ensemble, on est à la maison".
L'humanité empreinte de bonté et ayant compris l'importance de l'Amour universel après une catastrophe planètaire, voilà ce qu'on peut souhaiter de mieux à l'espèce humaine.
en fin du monde il existe aussi cette version là ou celle-là (moins drôle)