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Les 100 ciels

une globule méchante jetée nonchalamment sur le monde

Mes amis, mes amours, mes emmerdes (4ième et dernière partie, ola que tal)


Parfois, au cours de notre vie, on peut vivre un grand moment de cinéma. Vous avez déjà vu la scène de la douche dans Psychose ? Ben voilà, tout pareil, mais en espagnol.

Ola muchacha, que tal, donde es el perro, corazon, ustedes, la cucaracha, ayayayaya, tienes una bonna coucha de mierda en tu cabeza, corrida, ayayaya, toro !

Me voici arrivée à mes 32 ans, toujours debout sur mes 2 jambes. Alors qu'Ursulla cherche à revenir mais même que j'en ai rien à foutre du tout comme de mon premier slip, je rencontre Henrietta qui a 5 ans de plus que moi, qui enseigne la très belle langue espagnole dans un lycée ZEP de banlieue, et qui, au premier abord, semble calme et posée. Alors avec elle, je n'ai pas fait toit commun, mais notre histoire a duré 8 mois, il fallait donc que j'en parlasse, car avec Henrietta, j'ai vécu en 8 mois ce que certains vivent en 10 ans de vie commune. Elle m'aura tout fait celle là (commencez pas à ricaner bêtement).
Henrietta est très à cheval sur ses principes. Je comprends donc vite pourquoi, à son âge, elle n'a pas encore construit de vie de couple. Angoissée chronique, Henrietta ne supporte pas : la prosmicuité avec des gens, les soirées avec des gens, les lieux avec des gens, et en gros : les gens. Oui, un cas d'agoraphobie misanthropique encore plus grave que dans mon cas personnel. Sa passion : rester seule dans sa chambre dans une pénombre obscure inquiétante. Paradoxe vivant, elle est tout de même prof et apparemment même une très bonne prof, elle a peint sa cuisine en rose bonbon, elle peint des toiles fluos, et elle aime l'Espagne et les espagnols peuple muy caliente s'il en est. En fait, à bien y réfléchir, Henrietta est sûrement schizophréne et ça, ça fait très très peur quand même. A ce propos, son ex lorsqu'elle dormait chez elle, devait se barrer le matin avant que madame se lève car madame ne supportait pas une présence pendant sa phase de réveil. J'ai eu de la chance, je n'ai pas subi ce traitement et heureusement, car je ne suis pas du matin et si on me lève aux aurores, j'ai une humeur de chiotte toute la journée (sans parler de mon haleine de phoque hépatique).

Des tapas de connerie


iiiiiiiihhhhhhhhhhhhh ! elle va me tuer !!! ...ah non, elle fait juste la gueule ...

Comme c'était l'hiver et que j'avais besoin de soleil, j'ai emmené Henrietta à Barcelone. Punaise, bien mal m'en a pris ! Cela se nomme aussi : donner de la confiture à des porcelets. Trois putains de longs jours à faire la gueule et à taper des crises d'hystérie. Dès le petit dej, elle tirait une tronche de 14 mètres. Je finissais de petit-déjeuner toute seule, madame allait fumer sa clope à la con dehors. Vous allez voir que c'est récurrent chez Henrietta...elle prône les bonnes manières et balance des conseils à tout va, par contre elle ne balaie jamais devant la porte de sa porcherie. Pathétique. Or donc, moi je me suis éclatée à Barcelone, elle non pas trop. Je proposais des trucs et des machins, elle se mettait à chialer. Yeeepeeeeeeh ! A noter que l'on était ensemble depuis seulement 2 mois, ce qui laissait présager une bonne grosse histoire de merdasse toute crottée sous les talonnettes.
Grâce à son magnifique bâton (en or) dans le fondement, Henrietta ne supportait pas grand chose. Il ne fallait pas faire yahaa avec les bras, ni danser une yatahonga inopinée, et encore moins s'amuser comme un petit enfant foufou. On est des adultes bordel de merde, on se tient ! Plus tard, j'ai compris que tout ça, c'est à cause de maman Henrietta. En gros, sa mère, bourgeoise bordelaise et arracheuse de dents avait elle, 4 bâtons (en diamants) bien plantés là où vous savez, et bien sûr, elle n'acceptait pas l'homosexualité de sa fille, qu'elle jugeait brrrr beuuurkkk quelle horreur c'est sale (surtout à Bordeaux) ! Evidemment, Henrietta acceptait ces inepties et donc, gâchait inexorablement sa vie pour ne point déplaire à sa très chère maman. Que c'est triste de subir la dictature familiale parce que l'on se sent "obligée", la loi du sang semblant faire office de loi unique et incontournable. On pourrait appeler ça la maffia, et c'est affligeant que tant d'adultes subissent ce traitement les yeux fermés.

Une corrida de sottise

Henrietta s'est décidée au printemps à me présenter à son père (moins dangereux que la mère semble t-il). Nous sommes donc allées au pays Basque dans l'appartement familial. Comme Henrietta était distante et froide, comme à son habitude, étant, la pauvre, une handicapée des sentiments, j'ai commencé à souffrir de la situation. Surtout qu'en plus, il faisait un gros temps de chiotte. C'est ça qui est super avec le pays Basque : tu es sur la plage, il faut chaud, le temps que tu enfiles ton shorty de bain, le climat vire au polaire et tu chopes un rhume du pubis. Je me suis donc renfermée sur ma petite coquille de bulot, et au lieu de m'aider, elle a commencé à me psychanaliser. Il faut dire qu'Henrietta connaît bien les psys, elle les fréquente depuis toujours, ou presque. Sa psychanalise de comptoir était sans appel : j'ai un gros problème, il faut que je me fasse soigner. Oh putain merde, c'est grave ? Oui, d'après elle, très grave. Ce qui était amusant, c'est qu'elle avait déjà oublié qu'elle avait passé son temps à tirer la gueule en Espagne, et que là, ben c'était normal hein, mais que venant de moi, en plus ici au pays Basque bordel de merde, c'est bien que j'avais une grosse incohérence nébuleuse du ciboulot et que j'allais mal finir et qu'elle ne voulait/pouvait pas supporter ça. Mwahaha. En fait, j'étais juste très mal avec cette barjeotte, puisqu'au jour d'aujourd'hui, je n'ai plus jamais connus de tels épisodes dépressifs soudains, inopinés et douloureux tels que aïe ça pique.

Le Gotan Barjot Project


Henrietta : "noooon je ne veux pas venir à ton anniversaire, nooon arrête, j'ai trop peur sale tyran !"

Après, il a fallu qu'elle réfléchisse pendant de longues semaines. Puis, on a continué comme si de rien n'était, mais elle me rappelait bien de prendre RDV chez un psy, ce que je retardais en inventant moults prétextes. Un jour, Henrietta est entrée dans une crise d'angoisse proche de l'épilepsie, lorsque je lui ai proposé de venir à mon anniversaire. J'ai cru  m'être égarée et lui avoir proposé d'aller à la guerre, mais non pas du tout. Généralement, son ou sa compagne de vie vient à son anniversaire, mais pas elle. Elle ne voulait pas voir les gens, trop la trouille. On sait jamais, au cas où ils auraient eu 5 bras et 6 coudes. Comme je ne trouvais pas ça très normal, elle a décidé de m'attribuer le nom de TYRAN DOMESTIQUE. Oui, vous avez bien lu. Moi un tyran, ah ah ah. Amusant, mais pas sur le moment. Elle n'est pas donc pas venue, surtout qu'elle avait du mal à avaler que je sois allée chez le coiffeur pour mon anniversaire, alors qu'un anniversaire pour elle, c'est rien que de la merde. Non mais franchement, si vous connaissez des gens qui vous tapent un cake parce que vous allez chez le coiffeur, faites moi signe ! Du coup, elle a encore réfléchit. Entre temps, nous étions parties en vacances d'été avec sa meilleure amie, encore une avec un bâton dans le fondement (mais bien plus épais le bâton, pas le fondement).
Tout son entourage se ressemblait : des gens intolérants, très aptes à juger les autres, mais incapables de se remettre en question. Leur vie de merde était à prendre en GRANDE considération, mais les problèmes des autres étaient méprisés et vus comme des choses de dégénérés mentaliens. "Non mais va voir un psy!"   ils n'avaient que cette phrase de bobo paumé à la bouche ...au bout d'un moment t'as juste envie de leur dire : "ouais bon, et si tu fermais un peu ta gueule !". Tout avis contraire au leur était immédiatemment étouffé comme si c'était un grand danger pour leurs vies d'une tristesse affligeante. Car ces gens malgré leur grande culture (c'est bien ça le pire, être intelligent pour être aussi con), avaient des vies vides de sens, tristes à pleurer, morbides, moches et cacateuses.

Le plus dingue, c'était qu'Henrietta semblait dangereuse. Vous savez ce genre de personnage maléfique mais bien réel, qui arrive à attirer des gens dans ses filets, mais qui en fait, balance par intraveineuse toute sa merde dans les veines de ses proies. Cette typologie d'être humain a besoin de transmettre la boue infâme dans laquelle ils sont englués pour ne pas se sentir seul à souffrir. C'est triste et je suis tombée dans le panneau. Finalement elle m'a demandé de partir, parce que ma présence étouffait sa petite personne psycho-rigide. Elle ne supportait qu'elle, elle dans son pyjama, seule, cherchant absolument les chemins de vie les plus durs et les plus effrayants. Henrietta masochiste ? Complétement !
Mais aussi, complétement folle à lier : un jour, je ne sais plus pourquoi exactement, avais-je bu ? Enfin toujours est-il que je lui ai dit un truc gentil, et là, elle a écarquillé les yeux comme si elle allait déglobuler sur le tapis, et elle s'est mise à chialer. Bon ben sinon je peux aussi te traiter de connasse hein ... si tu préféres ...



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janpier 22/01/2010 12:08


et bien maintenant nous pouvons te décerner ton diplôme de super méga psy ! bravo à toi de te livrer ainsi à nous tes fidèles lecteurs et lectrices !!!


Renard 20/01/2010 01:03


Tu lui as dit un truc gentil!!! et ça l'a fait pleurer!!! Va voir un psy de suite...
Et tu ne nous as pas dit qui a quitté l'autre..remarque l'essentiel c'est que vous ne soyez plus ensemble..


requiem29 19/01/2010 20:39


QUOI ? Tu as été chez le coiffeur !?!? Va voir un psy, folle dangereuse !


monsieur triste 19/01/2010 18:22


bon bon bon... que nous reste t il a part te souhaiter bien du bonheur jusque dans les coudes et le genoux? pas grand chose...

Merci pour ses pans de vie!