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Les 100 ciels

une globule méchante jetée nonchalamment sur le monde

Mes amis, mes amours, mes emmerdes (2ième partie, avec des huîtres)

Trois mois de célibat plus tard, j'ai changé de "terrain de chasse" en bazardant le minitel, et j'ai commencé à errer dans les boîtes de nuit. Mon dieu ! Les boîtes de nuit à Paris sont de 3 types :

1/ la boîte hétéro avec des gens normaux
2/ la boîte gay masculine avec une sacrée bonne ambiance mais faut pas trainasser dans un coin sombre
3/ la boîte gay féminine ...euh...une cave morbide et sans ambiance bourrée de filles à problèmes divers et variés : alcoolisme (60%), grosses failles familiales avec des faits violents (décès, meurtres, vols à l'étalage, enfance à Clermont-Ferrand ...) (30%), parfois ces deux symptomes réunis, et pour les 10% restants des filles en couple mais qui draguent quand même. Ayant erré 10 ans dans ce milieu pourri duquel je n'ai que des mauvais souvenirs, je peux vous assurer qu'il faut le voir pour le croire, les filles se faisant entres elles les pires crasses du monde, même qu'un episode de Plus Belle La Vie à côté de tout ça, c'est rien du tout ! (un jour promis, vous aurez un article sur le sujet).

Sue Ellen sort en boîte !

Et donc un soir, je rencontre une personne que l'on va nommé Régine. Régine est très sympa, elle connaît tout le monde dans la boîte, et elle est surtout bourrée. Je vais apprendre, un peu tard, que Régine est le pilier de bar de la moitié des bars homos de la capitale. Et comme je suis à 24 ans, sadomasochiste sur les bords, je sors d'une histoire de merde pour m'engluer dans une histoire... de merde ! Que voulez-vous, j'aime le comique de répétition.
Régine était donc une fille qui avait 4 ans de plus que moi, elle était petite et sautillante, elle était bardée d'environ 10 frères et soeurs et chacun avait son petit problème (l'un avait perdu ses dents, l'autre était alcoolo, l'une était dépressive chronique avec un mari malsain qui la trompait, une autre était une pimbèche prétentieuse et hystériquement dangereuse, et l'un de ses frères ressemblait à Maxime Leforestier, ce qui m'avait bien fait flipper à l'époque), son père qui malgré ses allures de pépé draguait les minettes à tout va,  bref, une bonne famille bien équilibrée pour prendre un bon départ dans la vie ! Remarquez, ça me changeait à peine de la grosse allemande de mère de mon ex !


la famille de Régine ? Une famille super normale, et pas du tout, mais alors pas du tout flippante !


Ménadel met TOUJOURS la barre un peu plus haute !

Régine s'est très vite sentie chez elle, mais chez moi. Un soir, sa soeur me l'a ramené chez moi avec toutes ses affaires. Alors toutes les affaires de Régine, ça se résumait à :

- 2 pulls hiver 1984
- 1 jean style Levis Used, mais là c'était plutôt Tati périmé
- 4 slips ternes
- une trousse de toilette
- un vieux chewing-gum
- un poisson chinois avec des yeux gonflés prêts à déglobuler et son bocal
- des posters de Bob Marley

Voilà, voilà. Moi bêtement, je lui demande où sont ses meubles, et elle me répond : "des meubles ? mais pourquoi faire ?"
Incroyable, une romanichelle des temps modernes. Sa soeur qui avait un air aussi sympathique qu'Arlette Chabot m'a laissé ce soir là une consigne très claire :
"et que je revienne pas la chercher dans un mois hein ?!". Oula, oula, oula, en guise de "faisons connaissance" c'était bien parti.
Régine avait aussi une autre particularité sympathique : elle bossait que quand elle voulait. Question d'idéologie ? Nan, juste une question de touffite, de fainéantise aiguë, de "j'en branle pas une parce que je peux pas me lever le matin et laissez moi tranquille". Elle accumulait donc les jobs en intérim dont elle se faisait virer régulièrement pour :

- incompatibilité d'humeur : ben oui, pas facile de garder un travail quand on supporte pas l'autorité
- n'est pas venue pendant plusieurs semaines
- parle mal à ses collègues
- n'est pas venue depuis l'hiver dernier
- prend des pauses d'1h toutes les demi-heures ...

Le coup du poisson

Un soir, un drame a eu lieu. Alors que je changeais l'eau du poisson, j'ai échappé ce dernier dans un bol rempli de produit vaisselle. En quelques secondes, le poisson s'est mis à convulser et à changer de couleur. Je l'ai rincé, et puis...il est mort. J'ai beaucoup pleuré, c'était la première fois que je tuais un animal (je ne compte pas les punaises cramées au briquet quand j'étais petite, ni les mouches déposées dans les toiles d'araignées, et encore moins les fourmilières explosées avec des pétards mammouth). J'avais tué son unique bien : son poisson chinois qui déglobulaient des yeux. Cela tombait fort mal, car je voulais quitter Régine pour quelqu'un d'autre, et à cause de ce meurtre, remplie de culpabilité...je l'ai gardé. Là encore, j'ai tenu 4 ans de plus ...Salaud de poisson !


Je suis désolée poisson, mais console toi, tu es mort en sentant bon le citron !


Musclor, mais uniquement dans les mollets !

Régine possédait une autre particularité bizarre, elle était musclée mais juste du bas. Imaginez que l'on prenne un humain dès l'enfance et on lui bloque le torse, mais on lui fait faire du vélo en haute montagne pendant 30 ans, vous voyez le résultat ? Ben voilà.

Régine et la phonétique

En plus de cela, Régine avait loupé l'école. Ce qui fait donc qu'elle écrivait phonétiquement, et maintenant que j'y pense, elle a dû bénir l'arrivée des SMS. Le matin, sur la table du salon, je retrouvais donc des petits mots incompréhensibles :

"sui alé travéler se mattin, c durd çi tu peu achait du pin geu te dhi a se soire"

J'ai donc décidé de l'aider un peu en lui prêtant des livres. Elle aimait bien ça les livres, mais juste la couverture. Elle lisait le titre, elle regardait l'image de couverture, elle lisait le titre, parfois elle osait même s'aventurer à lire le résumé au dos, mais après ça elle s'arrêtait car elle avait mal à la tête. Je me souviens aussi d'une fois, elle m'avait demandé de lui expliquer la différence entre OU et Où. J'ai donc joué ma pédagogue de service :

 

moi : "ben OU c'est quand tu parles d'un choix, c'est à dire je veux des pommes de terres OU des brocolis"

elle : "gnn, oui"

moi : "et Où c'est pour définir l'idée de lieu, comme dans par exemple la question "où vas-tu ?", tu comprends ?"

elle : "euh...oui, oui!"

moi : "super, alors si je te dis "je vais boire un café ou un chocolat" tu choisis quel OU ?"

elle : "ben le Où avec l'accent parce que tu peux prendre ton café sur une terrasse, non ?"

moi : "euhhh, bon et sinon les additions ça va ? t'avances ?"


Régine, en vrac

Ajoutez à cela une forte dépendance à l'alcool et des aventures nocturnes dans les rues du XVième pour la retrouver, un fort penchant pour le mensonge, une pelle roulée à une parfaite inconnue en boîte devant mes yeux ébahis, de grands moments de solitude et d'inculture en public dont je vous conte une dernière anecdote çi-après :

lors d'une discussion peu interressante entre filles :

une copine :  "vous saviez que le liquide wéwétien s'appelle la cyprine ?
nous           :   "haaaan ben oui hé !"
Régine       :   "ah oui j'adore leur musique au groupe Cypress Hill !"

Quelques temps avant que je me lasse, j'ai appris par le biais de sa famille que Régine lorsqu'elle avait emmenagé chez moi 4 ans plus tôt, avait été en fait expulsée car elle ne payait plus ses loyers depuis environ 6 mois et NON PAS parce qu'elle était totalement folle de mon corps. Et puis, je n'étais devenue qu'une vache à traire, je faisais vivre avec mon pauvre salaire,  4 habitants (2 filles, 2 chiens), je payais ses dettes (merci papa !), et puis un jour, j'en ai eu marre et je l'ai viré.

Régine, de nos jours

J'ai revu Régine, il y a environ 3 ans, et malgré ses 40 balais, elle n'avait pas changé : elle était toujours bourrée, intérimaire, et squatteuse chez des gens bizarres.

LUNDI : un nouvel épisode ahurissant de "mes amis, mes amours, mes emmerdes" avec  : la belle conne.

Et avant le week-end pour vos oreilles, trois putains de singles qui déchirent les lobes :

 l'hypnotisant Dragon Chasers  - Wax Tailor Feat Charlotte Savary-  extrait de l'album In the mood for life
 le grisant Albert  - Ed Laurie-    extrait de l'album Small boat big sea
 le défoulant Don't fart on my heart  - Ebony Bones-    extrait de l'album Bone of my bones

 

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kamepit 18/01/2010 15:28


mega muahahahahahahahahahahah !
Et la je regarde Simon à côté de moi qui viende de Clermont et qui après explication, te déteste !!!


c'est moi qui commande ! 18/01/2010 08:57


Je jure que tout est vrai. Le trait n'est même pas forcé.


tyler 17/01/2010 07:43


muhaharff! on dirait que t'es tombé sur sandy ..sandy crawford! ca sonne comme un sketch de duboscq "des fois la nature s'acharne"!
le pire c ke jsui surt ke temps rat joute a painne!


rousse46 16/01/2010 23:06


ah je croyais que ça n'arrivait qu'à moi ça, mais nan... oufff, ça me rassure ! enfin, je suis pas si certaine que ce soit rassurant...


Nova 15/01/2010 17:34


Putain de poisson !^^