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Les 100 ciels

une globule méchante jetée nonchalamment sur le monde

Les amours imaginaires : désamour réel

Xavier Dolan est canadien, il est méché comme Brandon dans Beverly Hills, il n'a que 21 ans et c'est un immense réalisateur. Son deuxième film, les amours imaginaires, actuellement à l'affiche, enchaînent les états de grâce et les moments vains. Dolan raconte l'histoire des amours fantasmés qui n'existent que dans la tête de ceux qui les rêvent. On a tous vécu ça une fois ou davantage.

Mais si, vous savez quand vous lorgnez sur machin ou bidule et que dès que bidule vous parle vous interprètez ses paroles en déclarations d'amour sussurées à demi-mot dont vous seul croyez comprendre le sens alors que pas du tout, en fait, l'autre vous propose juste un café. Des amours qui varient de rien à un enracinement si profond dans l'imaginaire que son auteur pense les vivre réellement. Ping-pong sadique entre les songes dans lesquels tout semble possible, aux brusques retours à la réalité abruptes comme des descentes après une prise de (c'est pas bien) drogue.

 

Le triangle amoureux des amours imaginaires est composé d'un jeune gay méché (Xavier Dolan donc) hyper sensible, hyper romantique, hyper perturbé par Nicolas un angelot pervers qui s'amuse de l'intêret chaleureux qu'il procure. Il y aussi Marie, la meilleure amie du gay méché, elle aussi éprise du blond frisoté. La valse à trois temps commence, l'amitié va en prendre un sérieux coup, tout comme les coeurs en mousse des amoureux transis frustrés à jamais.

 

Dolan emporte tout sur son passage lors d'envolées lyriques, véritables moments de grâce visuels et sonores à coup de ralentis hyper stylisés. Mais parfois Dolan piétine lors de scènes vaines, aussi vaines que l'amour stérile des 3 protagonistes.

L'amour non vécu laisse vide, est-ce là le message ?

 

Mais ce qu'il faut retenir de ce film, c'est avant tout que Dolan n'a que 21 ans et une connaissance cinématographique qui laisse pantois. Une direction d'acteurs impeccable, et le savoir filmer d'un grand. Dolan aime ses acteurs, il les carresse dans tous les sens du terme. Il sait aussi se filmer, se mettre en scène, Dolan s'aime c'est sûr et il a bien raison, d'autant plus que jamais son orgueil n'étouffe le film de quelque manière que ce soit.

 

Esthétiquement, ce film est beau. Filtres de couleur inondant des scènes clés, ralentis maitrisés, bande son au top, des plans digne de chefs-d'oeuvre des années 50.

 

Cerise sur la quiche : des scénettes qui chapitrent le film, où des anonymes racontent leurs désillusions amoureuses en canadien dans le texte. Savoureux.

 

Allez voir ce film, il faut toujours encourager les jeunes qui montent et celui là promet drôlement.

 

    

 

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K.


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