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Les 100 ciels

une globule méchante jetée nonchalamment sur le monde

La controverse de Valladolid comme si vous y étiez !

 

Au XVI ième siècle l'Eglise était comme aujourd'hui : ignorante. Ainsi, lorsque Christophe Colomb qui, pour les plus jeunes, n'est pas Gérard Depardieu en culotte bouffante titubant comme un vil ivrogne sur le sol de la future Amérique avec un fond musical de Vangélis, donc lorsque Christophe Colomb découvre ce continent, il y dégote aussi les indiens.

Les indiens vivaient tranquilles avec des petits pagnes en feuilles de bambou, ils étaint super sympathiques, offrant à leurs Dieux des sacrifices humains à base de vas-y que je te coupe la tête et que le sang gicle, et que plus le sang giclouille, plus les Dieux sont apaisés et meilleures seront les récoltes.

Lorsque l'église découvre ces êtres bizarres, ils commencent à se poser des questions judicieuses :

 

- sont-ce des humains ?

- sont-ce des animaux ?

- ont-ils une âme ?

- aiment-ils le taboulé ?

 

Et c'est là qu'intervient Charles Quint.

 

Charles Quint, homme ou femme ? On dirait Fernandel croisé avec un basset, le tout enveloppé dans un rideau / tapis...On admire la petite bobinette cherra sous la poitrine, et le chapeau orné de son écusson. Y'a pas à dire, Charles Quint, il était drôlement classe.

 

Charles a eu une idée de génie : débattre de tout cela lors d'un grand colloque super marrant. Le tout se passant au collège de Saint-Grégoire de Valladolid, on appelera ce moment historique : la controverse de Valladolid.

On convoque donc plein de gens très intelligents : des juges (pfrrrllll), des religieux (prffflllll) et, pour chaque camp, un défenseur de la cause. Un pour  : "oui les indiens sont des humains on peut leur retirer leur laisse"

un autre pour : "ah mais non mais pas du tout, je peux pas vous laisser dire ça, les indiens sont des sauvages qu'il faut lapider avec une enveloppe !"

 

La décision qui allait en découler sera d'importance : soit l'indien est aussi important qu'une chenille et dans ce cas là on le réduit en esclavage et on lui lave le cerveau à base d'eau bénite et de grenouille de bénitier,     soit l'indien est un humain, et oh punaise de bordel de fichtre de diantresque, il va falloir le considérer comme un Homme et donc le payer et lui payer des coups à la cafét'.  Pour l'époque, imaginez un peu le truc. C'est un peu comme si Eric Besson considérait les victimes d'Haïti comme des humains et les invitaient à rejoindre leurs famille en France. Non mais oh ... ça va pas la tête ?!!!

 

Les débats durèrent près d'un an. Le défenseur de la cause indienne batailla ferme mais, ô surprise, perdit la manche. On décida donc de considérer les indiens comme de vulgaires blattes que l'on écrase sous le gros talon de la chrétienté et de la connerie ambiante et universelle de ceux qui pensent être plus évolués et Amen !

Ceci dit, on décida quand même, par excès de bonté, d'accorder une petite faveur sympatoche aux indiens : "pas de pillages, de cruautés et de mises à mort inutiles...celles-ci devront être motivées par la notion de Juste Droit".

Vous imaginez bien que la frontière entre la notion du juste droit et du pas juste droit est assez floue, et plutôt souple selon qui l'interprète. S'ensuivit donc l'histoire que l'on connaît.

 

5 siècles plus tard, ce qui, je vous l'accorde est peu dans l'histoire de l'humanité, on a peu avancé et on devrait se rappeler de Valladolid tous les jours.

On a eu beau vaincre des tonnes de maladies, cloner des petits moutons, marcher sur la Lune, voler dans des carlingues de ferraille, inventer le Moonwalk, créer les Boy's Band,  inventer le Vélib, la pénicilline, la moto-crotte, on eu beau remonter le temps jusqu'à la seconde après le Big Bang, les connards ont toujours du mal à considérer "ces gens là" comme des humains. Qui ?  Eux :

 

Les colorés, les pas d'chez nous, les sans-abris, les homosexuels, les prostitué(e)s, les fans de Francis Cabrel et les grecs. Entendu aujourd'hui sur RTL, l'avis d'une auditrice sur le prêt fait par l'Europe à la Grèce : "non mais ces gens-là d'où on les aide, ils savent pas vivre, on leur avait dit, moi je veux rester chez moi tranquille, je veux pas qu'on mélange tout, ces gens-là ils auraient mieux fait de faire attention au lieu de passer leurs journées à danser le Sirtaki..."

 

VALLADOLID...

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requiem29 10/05/2010 23:29


C'est pas si facile, le Sirtaki...