Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les 100 ciels

une globule méchante jetée nonchalamment sur le monde

Je me mets nue mais ne regarde pas !

Le soi-disant bug Facebook a fait le tour de France. Oui, uniquement de France, puisque seuls les paranos de français ont détecté ce bug dont personne n'a de preuve. Vive la France.

 

Ainsi, les 26 millions d'abonnés français à Facebook ont pissé dans leur slip toute la journée.

Pourquoi ? On leur a dit que des messages privés datant de 2009 "auraient été" publiés sur leur mur.

Si vous vivez sur une autre planète ou que vous avez su résister à l'invasion du site de Zuckerberg dans vos vies, vous n'y comprenez rien, je m'en vais donc vous expliquer ce qui "serait" arrivé.

J'utilise sciemment le conditionnel, puisque, comme je le précisais en début d'article, personne n'a de preuve que ce soit vraiment arrivé.

 

Les messages privés (ou MP pour les addicts), comme leur nom l'indique, sont des messages "privés", adressés à un ou plusieurs expéditeurs, mais invisibles aux yeux des autres amis Facebook. Vous l'aurez compris, c'est le même principe qu'un mail, cela n'a donc aucun intérêt particulier. C'est juste pour les grosses faignasses qui sont sur Facebook et qui n'ont pas envie d'ouvrir leur boîte mail en sus, parce que saisir son mot de passe ça donne de l'arthrose du majeur. Je précise que ceci n'a aucun rapport avec des humains ayant atteint la majorité.

A contrario, le mur Facebook permet de publier à la vue de tous vos amis (ou du monde entier si votre profil est public) des informations très intéressantes qui, généralement, bouleversent la face du monde de type :

 

"Hier j'ai mangé un Chili, aujourd'hui je repeins les toilettes"

"J'aime les chatons"

"La guerre c'est mal"

"J'aime pas la nouvelle coiffure d'Audrey Pulvar"

 

Et donc, les messages privés auraient migré sur le mur à la vue de tous. C'est à dire que si le 7 juillet 2009, vous disiez à Yolande que vous alliez tromper René avec un fourmilier, OU QUE, vous n'atteignez l'orgasme qu'en pensant à une semoule aux raisins, PAF, tout le monde le voit, ce qui fait que, par le biais d'un site censé enrichir votre vie sociale, vous bousillez cette dernière en quelques secondes.

 

Cette panique sidérale dont tout le monde parlait aujourd'hui me laisse pantoise. Comment peut-on croire, en s'inscrivant sur des réseaux sociaux, que l'on est à l'abri de tous et de chacun ? Comment peut-on vénérer un site qui exploite à fond l'égo des gens tout en cherchant à se cacher ? Comment peut-on jouer les vierges effarouchées quand une info fuite alors que l'on rejoint un club de quelques milliards de mégalos ? A l'heure où des ados de 15 ans déverrouillent les données confidentielles à la Banque de France, ou piratent les sites gouvernementaux, comment peut-on espèrer que la photo où l'on est à la Baule avec un slip sur la tête ne se retrouvera jamais sur Google images dans la rubrique "abruti congénital" ?.

 

Signer pour un réseau social, c'est pactiser avec le diable. Ce serait comme laisser traîner son album photo de famille sur un banc dans un parc parisien. Ou les clés de sa maison sur un siège dans le métro. On ne peut pas écarter les cuisses et se plaindre d'un viol ensuite (ceci est une comparaison douteuse mais compréhensible par tous).

 

Capture-1-copie-10.gif

 

 

 

 

D'où vient encore ce curieux paradoxe humain ? Je vous montre ma vie, mais ne regardez pas.

Je vous vois faire la moue et tripoter nerveusement le galon de votre sweat. Certes, sur les réseaux sociaux, on peut choisir ses amis. Mais vous remarquerez que les règles de confidentialité sont introuvables, nébuleuses ou changeantes.

Vous le savez tous, chaque clic sur "j"aime", chaque statut avec des mots clés comme "coquillettes" ou "cholestérol" enrichit la liste de votre profil, liste revendue à des gens bizarres et pas comme nous du marketing.

N'avez-vous pas remarqué que lorsque vous publiez les photos de votre raclette entre amis, le lendemain vous croisez, comme de par hasard, une pub sur un régime miracle qui fait perdre 15 kilos en une heure et en dormant ?

N'avez-vous pas remarqué que les pubs dans votre boite mail concernent des choses que vous aimez ? (Bon je passe sur les crèmes qui allongent le pénis).

 

A quoi bon lutter ou taper son petit poing velu sur la table en hurlant que Facebook vole votre intimité ?

Dès que vous avez ouvert la fenêtre internet chez vous (Windows, c'est pas un nom choisi au hasard les gars !), on vous a observé. Chque fait et geste sur internet fait de vous une proie pour la société de consommation, vous n'êtes qu'une adresse IP, une ombre, une poche à fric, c'est ainsi que marche le monde virtuel. Vous ne voyez personne, ils sont pourtant constamment penchés sur votre épaule.

 

Et plus le progrès progresse, plus vous tendez les fesses en vous inscrivant sur d'autres réseaux sociaux.

 

Vous voulez conserver votre intimité ? Jetez votre ordinateur.

 

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

K.


Voir le profil de K. sur le portail Overblog

Commenter cet article

mag' 27/09/2012 18:48

Je plussoie totalement !!! Assumons ce que nous sommes, ce que nous faisons, nue un jour, nue toujours ^^

Sékateur 26/09/2012 18:41

Belle conclusion. C'est vrai qu'un ordinateur sans internet, de nos jours, c'est comme un vélo sans roues, ça sert pas à grand chose. Et pourtant, j'ai utilisé un ordinateur pendant 15 ans sans
internet. Je faisais quoi avec, déjà ? Je sais plus...