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Les 100 ciels

une globule méchante jetée nonchalamment sur le monde

Pourquoi les légumes vont gagner.

Pas besoin d'être médecin, scientifique, sociologue ou Pascal Praud pour prédire que la viande animale va, doucement, mais sûrement, quitter nos étals et nos assiettes.

Le barbecue de demain sera fait de saucisses de soja. Les faits sont là, la machine est lancée et il n'y aura pas de marche arrière.

Ce n'est pas un effet de mode comme le yoyo ou les bracelets scoubidous, c'est un vrai et profond changement qui s'opère de notre vivant, une prise de conscience profonde qui va marquer plusieurs générations pour ne plus jamais repartir.

"Qui aime le plus vivant pense le plus profond". Cette petite phrase de Hölderlin dit tout. Elle a été écrite bien avant que tout cela ne démarre.

Ce qu'elle dit de nous, c'est que la compassion réelle pour le vivant qui nous entoure, va, sans aucun doute faire évoluer notre réflexion et le niveau de notre intelligence individuelle et collective.

On a commencé à ralentir sur les gigots d'agneau et les cuisses de poulets pour fuir les cancers du colon et les remontées acides. Ce sont les médecins et la peur de la maladie qui ont permis à la réflexion de démarrer.

Jusqu'à des temps très récents, pour beaucoup, il y a toujours une distanciation entre la vache pacifique qui regarde le RER B qui passe, et l'entrecôte juteuse qui git dans son assiette. Notre cerveau lui aussi est omnivore, et sait mettre en place un garde-fou très efficace qui nous empêche d'y penser concrètement.

Le cerveau pragmatique se dit : "Pour notre survie, nous avons besoin de protéines animales, de fer...il faut manger de la viande".

Le cerveau émotionnel lui répond : "Peut-être, mais ce que tu manges a été tué pour toi. Il a souvent souffert, parce que l'animal étant considéré comme un tas de chair sans âme, on le broie sans se soucier du climat anxiogène des abattoirs, ni des conditions abominables de mise à mort...On ne peut pas continuer comme ça, tolérer cette souffrance...et..."

Le cerveau pragmatique n'en a cure et continue : "Protéines, fer, protéines, manger, bavette, steaaaaaaaaaakkkkk".

Le second cerveau MONSIEUR L'INTESTIN himself, écouté que très récemment, crie pourtant depuis des lustres : "Puréeeeee pas de viande rouge, ça m'irrite le colon les gars !". Imaginez si vous étiez un intestin, c'est comme si vous passiez votre vie à avoir mal à la gorge. Impossible.

L'acte de manger est un acte à multiples facettes dans notre société. Ce n'est pas simplement vital, c'est un acte sociétal, politique, économique.

On doit donc penser à comment on mange.

Évidemment, vous allez me dire que c'est un problème de riches toutes ces histoires de nutrition et de graines de quinoa.

Oui, sûrement. Disons que dans notre société actuelle, nous avons effectivement la bande passante et le ventre suffisamment plein pour parler santé par la bouffe, écologie par la bouffe, et philosophie par la bouffe.

Mais il est nécessaire que ce chemin soit enfin pris, et balisé.

Se questionner dans les rayons d'un supermarché sur ce qu'on va manger en liant des données de santé personnelle et de respect des animaux est sûrement le plus grand signal de l'évolution humaine depuis...un petit moment.

Ce n'est plus réservé à des bobos, ce n'est plus la conversation de quelques illuminés en sandalettes ne jurant que par les épiceries bio, ce n'est plus un sujet de débat sur Arte à une heure tardive...Ce sujet qui touche un acte que l'on pratique 3 à 4 fois par jour est devenu universel en très peu de temps.

Quelque chose se passe. Vraiment.

Au siècle dernier, quelqu'un de sûrement sage avait dit "le 21ième siècle sera spirituel ou ne sera pas". Et si cette "religion" était celle du bon sens, celle de la compassion et un vrai éveil à la protection de nos ressources et de nous-mêmes ?

On en prend le bon chemin. Car des gens qui sauront s'émouvoir du sort du vivant autour d'eux, sauront trouver des solutions à tout.

Et vu l'état d'urgence écologique qui nous entoure, il semble que l'humain se soit réveillé au dernier bon moment après une très longue grasse matinée.

La vache et le prisonnier. Film du Cyclope.

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F 26/05/2019 14:36

Tout à fait K!! ( Ca fait Men in Black ce pseudo). D'autant qu'au japon ils ont commencé à faire de la viande à base de cellules souches. Après il faut éduquer , éduquer, et amener les gens voir les animaux dans les abattoirs. Le choc des photos appuiera le poids de tes mots.