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Les 100 ciels

une globule méchante jetée nonchalamment sur le monde

La calle para guelar

Cet été, fuyant les déboires météorologiques français, je suis allée séjourner en Espagne et plus précisément à Barcelone. Si vous y êtes déjà allés, vous savez combien cette ville est riche, vivante, magnifique et combine tous les éléments des vacances réussies : soleil, bonne bouffe, bonne bière, plage, jolis monuments, parc pour les enfants, températures clémentes.

Mais une notion m'avait échappé lors de ma dernière courte visite : la tendance excessive des touristes et des espagnols à faire du bruit. D'ailleurs, je pense que ce sont surtout ces fucking touristes allemands qui font le plus de bruit, ils se tiennent si bien chez eux qu'ils ont besoin de voyager pour aller gueuler ailleurs (j'imagine dans les catalogues de voyages allemand des thématiques "Séjours pour gueuler !").

Ainsi donc, je logeais dans un grand appartement plutôt sympathique, dans une petite rue attenante au quartier gothique, à trois pas et demi en tongs de la Rambla principale qui descend de la place Mayor au quartier Olympique. Situation géographique tout à fait confortable puisqu'à 1 minute du bus qui dépose à la plage, à 2 minutes du métro, à 100 mètres de tout ce qui est pratique, bref, je vous conseille le lieu. Les rues du quartier gothique ont ceci de particulier, c'est qu'elles sont aussi étroites que le croupion d'un gros mangeur de gaufres, ce qui fait que l'on peut pratiquement toucher le linge qui sèche à la fenêtre du voisin d'en face; pratique s'il vous manque un slip. Le vis-à-vis est tout à fait impudique, et vous vous rendez compte, toujours trop tard, que les voisins prennent l'apéro sur le balcon d'en face alors que vous vous baladez à poil dans votre appartement, donnant des situations incongrues de  "ahahaha, bonjour !" à "nom de Dieu tire le rideauuuu !".

Mais le plus impressionnant arriva la première nuit (et toutes les nuits suivantes aussi d'ailleurs). Epuisée par le décalage horaire inexistant mais personnellement quand je quitte la France je suis 3 jours en jet-lag quand même, je me couche toute heureuse pendant déjà aux tapas qui m'attendent dans les prochains jours.

Alors que Morphée commence déjà à poser ses grosses paluches sur moi, un cri de veau type supporter du PSG interrompt mes pensées. "Bordel, j'ai pas fermé la porte à clé ? Y'a un mec dans mon appart ! Au viol !!! Faut que je planque ma carte bleue, guardia ciiiiviiiil !".

Bon en fait ça n'était pas du tout un intrus sur mon plancher, mais le bruit d'un con bourré qui gueule ; la rue étant en goulot, la caisse de résonnance vaut celle du Stade de France.

Pour vous donner une idée de l'intensité, imaginez quelques instants que vous êtes dans votre lit en début de phase de descente vers les profondeurs du sommeil. Vous êtes bien, le coin de votre bouche s'humidifie légèrement. Et là, un connard vient vous gueuler dans l'oreille un truc inaudible de type : "Rhaaaaawaaaaaaaahhhhhhhhhhh !". Bon, et bien maintenant, imaginez que cela se produise à CHAQUE PUTAIN DE FOIS QUE VOUS SOMBREZ et vous aurez idée de la vrille nerveuse qui s'empare de vous au bout de quelques heures.

Oui, à Barcelone, j'aurais pu tuer quelqu'un.

Qu'il soit minuit ou 4 heures du matin, les badauds alcoolisés ne peuvent pas s'empêcher de parler fort, gueuler des insanités, organiser des débats pile sous ma fenêtre, s'arrêter pour pisser tout en parlant bien fort évidemment, sans compter les éboueurs et les nettoyeurs de rue qui passent à des heures indescentes puisque la vie ne s'arrête jamais à Barcelone (sauf, évidemment, si j'avais pu en buter un ou deux).

Les yeux injectés de sang, le poil hirsute et les envies meurtrières m'ont accompagné dans tous mes niveaux de montagne russes du sommeil.

Et il y a eu le petit extra : les volets roulants des magasins. Je n'ai jamais compris pourquoi, mais les Pedro locaux remontaient et descendaient leurs volets de boutiques toutes les 20 minutes. Vous le savez, quand on somnole en étant tout colère, on continue à colérer et à réfléchir tout en dormant à moitié, à tel point qu'on ne sait plus si on rêve que l'on pense ou si l'on imagine que l'on dort.

Je me disais : "Attends, y'a 4 arrière-boutiques dans la rue. Admettons que le magasin ferme à 23h et que l'on ajoute la livraison des produits vers 5h, ça fait 8 bruits de volets, disons 12 si pour la livraison on se dit que le Pedro va ouvrir puis refermer...OKAY...alors comment se fait-il que j'ai ouï 75 fois le bruit des allers-retours du volet en métal que le Pedro prend un malin plaisir à laisser tomber brutalement faisant remonter l'écho du roulement à billes le long de ma colonne vertébrale et nourrissant le liquide rachido-squelettique de bouffées de meurtres sanguinolents avec longues séances de tortures intégrées ? Hein, dis ? Pedro de mes deux ?".

J'ai aussi pensé qu'il y avait un concours du bruit de volet roulant. Ou qu'un Pedro fût atteint de Troubles Obsessionnels Compulsifs qui lui donnent une folle envie de monter et descendre son volet, comme si ce gros con était un pervers que les allers-retours de son volet de merde excitait du slip du genre "Regardez comme mon volet fait bien l'amour au trottoir"...

Heureusement, nous autres humains sommes munis d'un don tout à fait bienvenue lorsque ce type d'événements arrivent : ON S'ADAPTE ! L'oreille finit par mettre en sourdine les bruits polluants.

Si je n'avais pas eu ce réflexe de survie, je croupirais aujourd'hui dans une prison espagnole, François Hollande tenterait de me rapatrier, ça échouerait parce qu'il échoue tout, du coup Marine le Pen serait élue en 2017, grosse guerre civile en France, des milliers de morts, l'horreur.

Vous l'avez échappée belle.

Gros Bisous.

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K.


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voyance par mail gratuite 03/03/2016 16:12

C'est avec plaisir que je regarde votre site ; il est formidable. Vraiment très agréable à lire vos jolis partages .Continuez ainsi et encore merci.